Mai 2020 : ROUEN, ICÔNE HISTORIQUE

Jeanne d’Arc est une partie de l’âme de la France et de celle de Rouen. Chaque année, la fin mai est l’occasion pour les Rouennais de se rappeler leur histoire à l’occasion des fêtes la commémorant.

Ces célébrations qui ont commencé à la fin du XIXe siècle font notre fierté. Les Rouennais les plus anciens se souviennent de certaines de ces fêtes Jeanne d’Arc qui ont fait l’histoire et où on honorait cette héroïne nationale avec faste à l’occasion d’une véritable fête populaire.

Aujourd’hui, beaucoup me parlent de leur tristesse de voir ce que sont devenues les fêtes Jeanne d’Arc. Je partage leur tristesse tant depuis quelques années, ces cérémonies sont de plus en plus discrètes. Les cérémonies de 2017 en étaient un exemple criant. Moi qui suis né à Orléans et qui y ai vécu durant ma jeunesse, je mesure l’importance de Jeanne d’Arc pour notre histoire de France et je ne peux que regretter qu’à Rouen, où une part importante de cette histoire s’est déroulée, la célébration de cette figure de notre pays ne soit pas honorée à sa juste valeur.

En 2020, la France fêtera le centième anniversaire de la canonisation de la Pucelle d’Orléans. C’est une occasion unique pour Rouen et sa Métropole de renouer avec ce passé, de commémorer celle dont le fabuleux destin s’est achevé ici, de célébrer aussi Rouen, deuxième ville de France au XVe siècle, de donner de la fierté aux Rouennais et à travers cela de faire parler d’eux dans le pays et à l’international où la figure johannique est immensément connue.

Depuis plusieurs mois, j’ai rencontré différents acteurs : le comité d’hommage rouennais à Jeanne d’Arc, l’association des villes johanniques, l’archevêché, Rouen Normandy Tourisme & Congrès, l’association Normannia, différents artistes locaux… Beaucoup m’ont fait part de leur souhait de participer à des fêtes Jeanne d’Arc dépoussiérées et rénovées, mêlant cérémonies officielles, festivités populaires et modernisme artistique.

Les propositions que je fais aujourd’hui cherchent à ouvrir une réflexion et un débat pour préparer cette échéance de mai 2020. Nous avons deux ans pour préparer une très belle fête dont nous pourrons, nous Rouennais, être fiers et qui mettra Rouen à l’honneur un an après l’Armada. Mon idée n’est pas de présenter « un programme » clé en main pour cette célébration. Cela n’aurait aucun sens, elle vise plutôt à faire des propositions pour alimenter une réflexion qui se doit d’être collective et d’impliquer tous les citoyens de notre métropole. Il ne tient qu’à nous d’être au rendez-vous de notre histoire en 2020. J’invite chaque habitant de notre métropole à saisir cette opportunité et à participer de quelque manière que ce soit à la construction de cette belle fête que doivent devenir les fêtes Jeanne d’Arc 2020.

Les fêtes Jeanne d’Arc, fête médiévale

À l’époque de Jeanne d’Arc, Rouen était la 2e ville du royaume, capitale portuaire du pays, lieu d’échange et de commerce et emblème du Moyen âge dont nous gardons de nombreux joyaux. En célébrant Jeanne d’Arc, nous devons aussi rendre hommage à cette époque par :

  • l’installation d’un grand marché médiéval faisant la part belle aux artisans reproduisant les manières de faire d’antan. C’est une façon de communiquer sur l’artisanat et le lien entre l’artisanat d’hier et d’aujourd’hui.
  • ce marché médiéval sera le cœur d’un village médiéval reconstitué dans différents points de la Métropole permettant de se replonger dans cette époque et où l’on pourrait retrouver des jeux médiévaux, des ateliers de tirs à l’arc, des déambulations d’artistes de rue, …
  • l’organisation d’un banquet médiéval gargantuesque permettant un moment de convivialité entre les habitants de la Métropole. De grandes tables en bois pourraient être installés permettant de déguster un repas « médiéval » autour d’animations culinaires vantant les façons de faire de l’époque.

Les fêtes Jeanne d’Arc, un spectacle historique et populaire

Les fêtes Jeanne d’Arc ne doivent pas se contenter d’être un hommage publique et religieux à cette icône. Ce moment doit être celui d’un véritable spectacle historique et populaire en :

  • faisant débuter les projections « Cathédrale de lumière » dès le vendredi soir du week-end consacré aux fêtes Jeanne-d’Arc pour lancer les évènements du week-end.
  • en organisant des batailles historiques médiévales aussi bien sur terre (sur la presqu’île Saint-Gervais par exemple) que sur l’eau. Une joute navale pourrait notamment avoir lieu juste avant le jet de fleurs dans la Seine, moment important de l’hommage civil à Jeanne d’Arc.
  • en réfléchissant à la mise en place d’événements musicaux, théâtraux ou sportifs tout au long du week-end qui mettent à contribution les acteurs et artistes locaux. On pourrait imaginer par exemple que la presqu’île Saint-Gervais soit le lieu de ces évènements du vendredi au dimanche soir.

Les fêtes Jeanne d’Arc, un projet de société

Au-delà de l’aspect festif et populaire des fêtes Jeanne d’Arc, nous devons réfléchir à l’implication de toute la société rouennaise. Cet événement doit également permettre de contribuer au renforcement de l’attractivité de la Métropole rouennaise, à sa capacité à faire venir des touristes français et internationaux.

  • faire participer les classes de CM1 (classe où on étudie le Moyen-âge) de la ville de Rouen en les faisant travailler, sur la base d’un fil rouge tout au long de l’année scolaire, sur des thématiques liées à Jeanne d’Arc et au Moyen-Âge en général.
  • repenser les commémorations civiles actuelles pour leur redonner plus d’ampleur avec notamment la prise de parole d’une personnalité nationale lors de l’hommage.
  • concrétiser « le pass johannique » présenté par l’association des villes johanniques qui propose des tarifs réduits dans les lieux de vie des différentes villes liées à Jeanne d’Arc : musées et lieux culturels, hôtels, restaurants…
  • à l’image d’autres villes de France, demander l’inscription des fêtes johanniques de Rouen au patrimoine culturel immatériel de la France puis être moteur pour inscrire les fêtes johanniques des différentes villes françaises au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
  • faire du monde médiéval et des fêtes de Jeanne d’arc un des axes du projet Rouen capitale européenne de la culture.
  • nouer un partenariat avec la ville d’Orléans pour mettre en place l’accueil de la Jeanne d’Arc d’Orléans à Rouen, mais aussi en le proposant à d’autres villes johanniques, chaque année. Cela permettra de renforcer les liens entre les villes johanniques grâce à des animations similaires tout au long du mois de mai.
Damien Adam Député de Seine-Maritime

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