Mix-énergétique d’ici 2050 : développer le nucléaire et les énergies renouvelables pour décarboner et reprendre en main notre destin énergétique

POOL/AFP

Le Président de la République s’est rendu hier à Belfort pour un déplacement consacré à la stratégie énergétique française. Le choix du lieu est symbolique, alors qu’EDF s’apprête à y investir pour reprendre les anciennes turbines Arabelle d’Alstom.

Dans le cadre du plan d’investissement France 2030, Emmanuel Macron a détaillé les orientations de la nouvelle politique énergétique de la France. Dans la mesure où les énergies fossiles représentent toujours les ⅔ de notre consommation d’énergie, la France ne pourra être le premier grand pays du monde à sortir de la dépendance aux énergies fossiles qu’à deux conditions : la réduction de notre consommation énergétique et l’augmentation de notre capacité de production d’énergie décarbonée. 

Consommer moins d’énergie et gagner en sobriété énergétique

Pour atteindre ses objectifs climatiques de neutralité carbone, la France doit, d’ici 2050, réduire de 40 % sa consommation d’énergie générale, incluant les énergies fossiles, tout en substituant ces dernières par de l’électricité. Pour cela, nous misons sur l’innovation, la décarbonation de l’appareil industriel, l’adaptation du parc automobile, le développement de la filière hydrogène ou encore la rénovation des logements.  Des grands pas ont été réalisés dans tous ces domaines durant le quinquennat.

Afin de répondre à la demande croissante en énergie, tout en réduisant la part d’énergies fossiles, la France devra être en capacité de produire jusqu’à 60 % d’électricité de plus qu’aujourd’hui. Pour cela, nous devons faire évoluer le mix énergétique français en misant à la fois sur les énergies renouvelables et le nucléaire.

La France va lancer 6 nouveaux EPR avec une option pour 8 autres et prolonger le parc nucléaire existant

Nous avons la chance en France de disposer de 56 réacteurs nucléaires en fonctionnement. Le Président de la République a annoncé que l’Etat allait lancer des études pour l’extension de la durée de vie de ces centrales au-delà des 50 ans actuellement autorisées. Évidemment, toute extension fera l’objet d’une validation préalable de la part de l’autorité de sûreté nucléaire pour s’assurer qu’il n’y a aucune difficulté de sûreté. Notre pays dispose d’une autorité de sûreté indépendante qui n’hésite pas à prendre des décisions difficiles quand c’est nécessaire, comme en ce moment avec certains réacteurs qui font l’objet d’arrêts préventifs.

Le Président de la République a également annoncé le lancement d’un programme de 6 nouveaux EPR dans les prochaines années avec une option pour 8 réacteurs supplémentaires pour une capacité totale de 25 GW. Parmi ces réacteurs, 2 seront installés en Seine-Maritime à Penly. Parallèlement, un appel à projets sera lancé pour faire émerger des petits réacteurs modulaires (SMR) et des réacteurs innovants produisant moins de déchets, pour une capacité de production supplémentaire. Le premier prototype est prévu pour 2030. 1 milliard d’euros du plan France 2030 est dédié au développement des SMR. 

Développer massivement les énergies renouvelables

La France doit tout d’abord faire un important effort sur l’énergie solaire, afin de multiplier par dix ses capacités de production et dépasser les 100 GW d’ici 2050. L’industrie du solaire française sera relancée notamment par un déploiement sur les terrains de l’État et des projets dans l’agri-photovoltaisme. 

Les objectifs pour l’éolien terrestre vont être revus pour tenir compte des difficultés d’installation dans les territoires et des réticences de nombreux citoyens. L’objectif qui vise à doubler la production d’énergie issue des éoliennes terrestres – pour un total de 37 GW – va ainsi être décalé de 2030 à 2050. Les maires auront la liberté de décider de l’implantation d’éoliennes et pourront bénéficier d’avantages fiscaux liés à celles-ci.

Le décalage de l’objectif d’éolien terrestre sera grandement compensé par l’éolien en mer. Nous avons maintenant l’objectif d’installer 50 parcs éoliens offshore d’ici 2050 pour un total installé de 40 GW. Il existe aujourd’hui 7 parcs éoliens en cours de construction dont un à Dieppe-Le Tréport et un à Fécamp. Le 1er parc devrait être inauguré dans le courant de l’année 2022. Là aussi, l’enjeu industriel est au cœur de notre stratégie en privilégiant la capacité à déployer une filière industrielle française. Nous avons notamment des usines et des emplois dans la filière éolienne offshore au Havre, à Cherbourg, à Saint-Nazaire et y compris à Rouen puisque le centre de R&D de Siemens Gamesa est installé sur le territoire de la Métropole de Rouen.

Le développement des énergies renouvelables et ces annonces sont dans la continuité de notre volonté de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique

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