Politiques sociales et lutte contre la pauvreté : bilan et perspectives

MICHEL EULER / POOL / AFP

A l’occasion de l’ouverture du congrès national de la Fédération des acteurs de la solidarité, le Président a salué la mobilisation et le travail de terrain mené au quotidien par l’ensemble des travailleurs sociaux et les associations de lutte contre la pauvreté, particulièrement mobilisés pendant la crise sanitaire.

En effet, depuis 2017 nous avons mis en place différentes mesures afin de déployer tous les filets de sécurité et de solidarité nationale :

➜ au plus fort de la crise, l’État a été jusqu’à prendre en charge les salaires de plus de 9 millions de personnes grâce au chômage partiel, a soutenu les entreprises pour préserver l’emploi, des aides exceptionnelles ont été versées à deux reprises en 2020 ;

pour lutter contre le sans-abrisme, 200 000 nouvelles places en hébergement généraliste ont été pérennisées et nous avons mis fin à la politique de gestion au thermomètre qui consistait à renvoyer les personnes à la rue à l’arrivée du printemps ;

nous avons déployé un soutien particulier envers les jeunes, avec le maintien de repas à 1 euro dans les CROUS pour les boursiers depuis la rentrée ; la mise en place des consultations de psychologues remboursées ; le plan « 1 Jeune, 1 Solution ».

Nous avons réussi à endiguer la pauvreté : après une baisse du taux de pauvreté en 2019, nous avons réussi à le maintenir stable en 2020, malgré la crise sanitaire. L’INSEE avait même mesuré que les mesures que nous avons mises en place ont permis d’éviter à 400 000 personnes de tomber dans la pauvreté du fait de l’épidémie. 

Néanmoins, tant que des personnes souffriront de la pauvreté en France, nous continuerons à agir, comme nous l’avons fait depuis le début du mandat avec 2 priorités : prévenir la pauvreté dès l’enfance et sortir les français de la pauvreté en les accompagnant pour s’émanciper par le travail.

Prévenir la pauvreté dès l’enfance

Dans le cadre de cette prévention dès le plus jeune âge, diverses mesures ont été mises en place : le parcours 1 000 premiers jours qui accompagne les parents du 4e mois de grossesse à l’entrée à l’école maternelle, le congé paternité d’un mois, la distribution de petits déjeuners gratuits dans les écoles défavorisées, l’école rendue obligatoire dès 3 ans ou encore le choix de maintenir au maximum les écoles ouvertes au coeur de notre notre gestion de la crise sanitaire.

Certains chantiers restent incomplets, et nécessitent de nouveaux efforts, notamment :

le système d’accueil du jeune enfant. Malgré l’investissement en faveur de l’accueil du jeune enfant à hauteur de 15 milliards d’euros, on estime à 200 000 le nombre de places manquantes. L’un des objectifs du quinquennat était l’ouverture de 30 000 places en crèche, mais celui-ci ne sera atteint que de moitié. Il faut donc concevoir un nouveau système de garde d’enfant plus clair et accessible à tous les parents dans des modes collectifs et individuels, avec une indemnisation en cas d’absence de solution. Ce système aura pour objectif l’ouverture progressive de 200 000 nouvelles places d’accueil ;

le système d’aide sociale à l’enfance qui s’adresse aux enfants placés par la justice. La Loi sur l’enfance adoptée ce mois-ci permettra de généraliser les contrats jeunes majeurs qui permettent aux jeunes de moins de 21 ans de trouver du travail ou une formation en les accompagnant financièrement pour une recherche de logement et leurs besoins, mais il faut aller plus loin et faire en sorte que l’aide sociale à l’enfance ne s’arrête plus à 18 ans. Les jeunes de l’aide sociale à l’enfance doivent pouvoir continuer à être hébergés, accompagnés, soignés tant qu’ils en ont besoin et non en fonction d’une règle administrative déterminant un âge couperet. En effet, cet arrêt brutal à 18 ans plonge un très grand nombre de ces jeunes dans la précarité, l’absence de diplômes, de travail et donc de logement.

la lutte contre les inégalités de santé, sources d’inégalités éducatives et familiales. En ce sens a déjà été mise en place la complémentaire santé solidaire et surtout, depuis le 1er janvier 2021, l’offre 100 % santé qui rembourse à 100 % les lunettes, les prothèses dentaires et auditives est accessible à tous les Français.

Nous agissons aussi pour améliorer le fonctionnement des maisons France Services. Ces maisons, présentent un peu partout en France, en milieu rural qu’en milieu urbain comme dans le quartier des hauts de Rouen permet d’accéder dans un seul lieu à proximité de chez soi aux principales démarches de l’Etat français (Impôts, CAF, pôle emploi, santé, CARSAT ..). Nous travaillons pour les rendre plus accessibles à l’ensemble des publics, pour accompagner à la demande des droits et lutter contre le non-recours.

Mettre le travail au cœur de cette lutte contre la pauvreté

Nous luttons contre le chômage des jeunes. Les mesures que nous avons prises ces cinq dernières années ont permis d’effacer 15 années de hausse du chômage des jeunes. Nous continuons de nous mobiliser avec la création du contrat d’engagement jeune. Ce dispositif, accessible pour les 16-25 ans sans diplôme, emploi ou expérience offre un accompagnement intensif pour réussir son insertion professionnelle avec une aide financière de 500 € / mois. Par rapport à la garantie jeunes qui existe déjà et bénéficient à plus de 200 000 jeunes par an, nous améliorons encore l’accompagnement avec un référent unique et un suivi y compris pendant les phases de stages, d’immersion ou d’expériences entreprises pour accélérer la réinsertion ;

➜ le soutien du système d’insertion par l’activité économique qui permet à des personnes sans emploi et rencontrant des difficultés sociales et professionnelles de bénéficier d’un contrat de travail et d’un accompagnement renforcé, qui comptait près de 200 000 places fin 2021.

l’extension progressive du dispositif « Territoire Zéro Chômeur de longue durée » à 60 territoires (contre 10 précédemment). Ce dispositif permet à l’échelle d’un territoire de proposer à toutes les personnes sans emploi de signer un CDI à temps choisi, en développant des activités utiles pour répondre aux besoins du territoire par l’intermédiaire d’une EBE (entreprise à but d’emploi) qui propose des emplois qui ne sont jamais en concurrence avec des activités d’entreprises ou d’associations existantes sur le territoire. Ces emplois sont rémunérés par la réaffectation des coûts et manques à gagner dus à la privation durable d’emploi (non versement d’allocations chômages ou RSA des personnes qui auraient dû en bénéficier s’ils ne travaillaient pas dans l’EBE) et par les recettes des prestations fournies par l’EBE.

➜ l’expérimentation d’un nouveau système de gestion du RSA passant par une contractualisation des départements avec l’Etat.

Aider les familles monoparentales à gagner en autonomie. Le Président a rappelé l’engagement de l’Etat pour soutenir les personnes les plus touchées par la précarité, en premier lieu des familles monoparentales. Pour cela, nous avons augmenté l’aide à la garde individuelle d’enfants de 30 % et créé un nouveau service qui garantit le versement des pensions alimentaires et prévient les impayés

Nous travaillons sur la création du Revenu Universel d’Activité (RUA) qui fusionnera à terme le RSA, la prime d’activité et les APL et qui sera versée automatiquement sans avoir besoin d’en faire la demande. Ce versement automatique permettra de réduire la complexité de notre système d’aides et d’éviter la situation actuelle où 30 % de nos concitoyens (soit plus de 2 millions) ne font pas valoir leurs droits à des aides sociales alors qu’ils y sont éligibles et que ces aides pourraient les aider à sortir de la précarité.
Le Président a d’ailleurs annoncé la tenue en février prochain d’une grande conférence sociale, afin de fixer le cap et la méthode pour les différents objectifs abordés précédemment, mais également pour répondre au problème de perte d’attractivité touchant de façon croissante les métiers du social.

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