Réouverture du site Lubrizol ? Oui … Mais

Ce matin se tenait un nouveau comité de transparence et de dialogue sur l’incendie de Lubrizol. Il réunit les entreprises concernées, les différents services de l’Etat, les élus (maires et parlementaires) et différentes associations et syndicats. 

A l’occasion de ce comité et de la conférence de presse qui a suivi, l’entreprise Lubrizol a indiqué qu’elle souhaitait rouvrir partiellement l’usine avant le début de l’année 2020, confirmant ainsi des bruits de couloir qu’on avait pu entendre ces derniers jours.

Je suis favorable à la réouverture de cette usine mais celle-ci ne pourra se faire qu’à certaines conditions. 

Tout d’abord, il est important de rappeler que l’industrie fait partie de l’histoire de Rouen et de notre Métropole et qu’une grande partie de notre prospérité passée depuis le 19e siècle vient de cette histoire. Il serait plus que regrettable de renier notre histoire. Ce serait accepter un déclassement durable de la Métropole de Rouen dans le concert des métropoles en France et jouer contre notre territoire.  

Lubrizol à Rouen, c’est aujourd’hui plus de 2000 emplois directs et indirects sans compter toutes les entreprises et autres structures qui agissent en lien avec l’usine. Nous devons aussi penser à eux car ils ont perdu une partie d’eux même quand l’usine a brulé et souffrent beaucoup de cette situation. Lubrizol, c’est aussi un acteur majeur de notre territoire, un acteur qui participe notamment à la fiscalité via des recettes d’impôts et de taxes et aussi à notre balance commerciale puisque plus de 80 % de l’activité de Lubrizol est exportée à l’étranger. 

Pour que l’usine puisse être rallumée au moins partiellement, il faudra que plusieurs conditions essentielles soit réunies selon moi :

– l’usine doit réaliser tous les travaux qui seront nécessaires avant le redémarrage pour s’assurer que le site respecte l’ensemble de la réglementation et qu’il n’y a pas de risque d’accident ou d’incendie et que tout est présent sur le site pour répondre au risque incendie.

– le stockage doit être fortement réduit. Rappelons que ce n’est pas l’usine Lubrizol qui a brulé mais les espaces de stockages. C’est donc dans cette zone qu’il faut réaliser prioritairement des modifications et réduire le stockage comme semble s’y engager l’entreprise est une bonne solution pour réduire fortement le risque. Pour les stockages restants, il faudra tous les équipements nécessaires en cas d’incendie et notamment des sprinklers et des stocks d’eau en quantité suffisante sur le site.

– tout cela devra être validé par la DREAL après une ou plusieurs visite(s) sur le site pour s’assurer que tout est en ordre. L’ensemble des préconisations demandées par les services de l’Etat devront avoir été mises en œuvre.

Avec l’usine Lubrizol comme pour tous les sites industriels présents en France, nous ne devons prendre aucun risque. La protection de la population doit être systématiquement notre priorité. Notre réglementation est à ce titre très exigeante. Elle est même la plus exigeante du monde. Malheureusement, cela n’empêche pas tous les accidents comme nous avons pu le voir avec l’incendie du 26 septembre mais cela permet en tout cas de les amoindrir et de réduire également l’intensité de ces risques. C’est ce qui ressort des différentes auditions que nous avons pu mener jusqu’à maintenant avec la mission d’information à l’Assemblée nationale. Notre réglementation a permis d’obliger Lubrizol par le passé à revoir certains équipements pour réduire le risque et d’être très réactif le jour de l’incendie grâce notamment aux PPRT. Cette réglementation est forte et nous protège.

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