Contrats aidés : les trous de mémoire du PS

Les élus socialistes de notre département semblent avoir la mémoire bien courte. Depuis plusieurs jours, ils accusent le Gouvernement d’être responsable du manque de budget pour financer les contrats aidés lors du second semestre 2017. Or, c’est bien l’ancienne majorité qui avait prévu 280 000 contrats aidés sur l’année, soit deux fois moins qu’en 2016 ( !). Et c’est bien l’ancien Gouvernement qui en avait déjà programmé 189 500, soit les deux tiers, au seul premier semestre. Le Gouvernement d’Edouard PHILIPPE a donc constaté une surconsommation et une sous-dotation financière pour ce programme.
En conséquence, malgré le fait que la plupart des ministères soit appelé à faire des économies pour tenir l’objectif de 3 % de déficit public en 2017, Muriel PENICAUD, ministre du Travail, a obtenu une enveloppe supplémentaire pour 2017, financée grâce à une rallonge budgétaire pour créer 13 000 contrats de plus, portant leur nombre à 293 000. L’actuel Gouvernement en fait donc plus que ce qui était prévu !
A moyen terme, il convient toutefois de revoir l’ensemble des outils d’accès au marché du travail à destination des demandeurs d’emploi de longue durée et des jeunes. Cela a été rappelé dans les récents débats, la première précarité, c’est le chômage ; la première sécurité, c’est la compétence et le premier levier de réussite, c’est la formation.
Or, plusieurs études ont montré que les contrats aidés donnaient lieu à un fort effet d’aubaine. Ces derniers mois, la Dares comme la Cour des comptes ont démontré leur inefficacité pour l’accès durable des jeunes à l’emploi. Ainsi, dans le secteur non-marchand, seuls 26 % des bénéficiaires retrouvent un emploi durable.
Ces contrats s’avèrent donc coûteux pour les finances publiques et inefficaces en l’état dans la lutte contre le chômage puisqu’ils ne représentent pas un tremplin pour l’insertion professionnelle. Proposer un contrat aidé, c’est offrir une réponse à très court terme et occulter le réel besoin du demandeur d’emploi de se former pour s’insérer durablement sur le marché du travail. En réalité, cela ne fait que le maintenir dans la précarité.
Aux côtés du Gouvernement, je suis favorable à un investissement dans la formation pour doter les demandeurs d’emploi et les jeunes d’une compétence valable et durable sur le marché du travail. C’est tout l’objet des réflexions qui seront menées dans le cadre du Projet de loi de finances 2018 sur l’avenir de ces contrats, en prenant en compte bien évidemment les besoins des associations.
Damien Adam, député de Seine-Maritime