Refondation d’une Europe souveraine, unie, démocratique

Je me félicite des annonces du président de la République, dévoilées cet après-midi à la Sorbonne, en vue d’une refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. C’est cette voie, celle de la refondation, qui peut assurer l’avenir de l’Union puisque nous ne pouvons pas nous permettre de garder les mêmes politiques, les mêmes habitudes, les mêmes procédures, le même budget. Nous ne pouvons pas davantage choisir la voie du repli national.

Une Europe souveraine
, c’est une Europe qui garantit la sécurité des populations en se dotant d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun ou encore d’une Académie européenne du renseignement. C’est une Europe qui répond au défi migratoire en créant un espace commun des frontières, de l’asile et des migrations. C’est une Europe de l’innovation et de la régulation adaptées au monde numérique qui doit mener, et non subir, cette transformation en promouvant son propre modèle, qui doit assurer l’équité en repensant ses systèmes fiscaux et en régulant les grandes plateformes. Enfin, c’est une Europe où la zone euro est le cœur de la puissance économique, où cette zone euro peut se doter d’un budget, facteur de croissance et de stabilité, qui permette de financer des investissements communs.

Une Europe unie
, c’est une Europe où se crée un sentiment d’appartenance. Cela passe notamment par le renforcement des échanges pour que chaque jeune Européen ait passé au moins 6 mois dans un autre pays de l’Union, que chaque étudiant parle deux langues européennes d’ici 2024. C’est aussi une Europe où l’on encourage la convergence sociale et fiscale. Je salue d’ailleurs la proposition du président de la République de définir un corridor de taux d’impôt sur les sociétés, de garantir à tous un salaire minimum et d’encadrer la concurrence par les niveaux de cotisations sociales.

Une Europe démocratique
, c’est une Europe où la refondation ne s’effectue pas à l’abri des peuples. C’est pourquoi Emmanuel Macron propose que des débats nationaux et locaux, sur la base de questions communes, soient organisés en 2018 dans tous les pays de l’UE volontaires. C’est une Europe où le Parlement se trouve renforcé par la création de listes transnationales aux élections de 2019 afin que les citoyens puissent voter pour un projet cohérent et commun.

« Le temps où la France propose est revenu », affirme le président de la République. Avec cette initiative, l’idée est de lutter contre le scepticisme, le rejet de l’Europe parfois, en proposant, en agissant pour changer en profondeur l’Union européenne, qui est notre meilleure chance de peser face aux grands défis : sécurité, terrorisme, migrations, développement, changement climatique, révolution numérique, régulation de la mondialisation.

Damien ADAM, député de Seine-Maritime