Un plan étudiants pour la réussite de tous

Cet été, les dysfonctionnements de la plate-forme « APB » (admission post-bac, le logiciel utilisé par les élèves de terminale pour effectuer leurs choix d’études supérieures) nous ont rappelé l’urgence dans laquelle se trouvait le monde étudiant dans notre pays. En effet, si l’entrée massive des étudiants dans l’enseignement supérieur engagée dans les années 1980, est un immense progrès (les étudiants sont mieux formés, notre société est mieux éduquée), il ne faut pas occulter que ce système est aujourd’hui malade et que l’ascenseur social est en panne. En ayant focalisé les moyens sur l’accès de TOUS à l’enseignement supérieur, on en a oublié qu’il fallait ensuite faire réussir les étudiants, donner les mêmes chances à CHAQUE étudiant. Or, aujourd’hui : 60% des étudiants échouent à obtenir leur licence en quatre ans ; 90% de bacheliers professionnels et technologiques inscrits dans des licences générales échouent. Les bacheliers professionnels et technologiques sont évincés des filières courtes par les étudiants des filières générales. La précarité étudiante influe fortement sur le taux de réussite et fragilise les étudiants les plus modestes.

C’est pourquoi dès sa prise de fonctions, le Gouvernement s’est lancé dans l’élaboration d’un « Plan étudiants » qui aborde tous les aspects de la réussite, financé par plus d’un milliard d’euros. Cette réforme, largement inspirée par la concertation sociale menée en juillet dernier, est ambitieuse politiquement et juste socialement. Elle a pour ambition la réussite de tous.

1. Améliorer l’information au lycée : instauration de 2 semaines d’enseignements obligatoires consacrées à l’orientation dans toutes les terminales, désignation d’un second professeur principal dédié, déploiement d’étudiants-ambassadeurs pour renforcer l’information par les pairs.

2. Un accès plus juste et transparent dans le supérieur : la sélection par tirage au sort est supprimée. Le Baccalauréat reste le passeport d’entrée dans le supérieur. TOUS les bacheliers auront une place dans l’enseignement supérieur. Comme ils n’ont pas tous les mêmes chances d’y réussir, des parcours sur mesure seront créés entre le lycée et le supérieur.

3. Une nouvelle plateforme de vœux simple, juste et transparente. Elle rassemblera toutes les informations dont les bacheliers ont besoin : la composition de la formation, son taux d’insertion professionnelle, les taux de réussite des anciens étudiants.

4. L’ouverture de places supplémentaires dans les filières sous tension (STAPS, psycho, droit), les BTS… dès la rentrée 2018.

5. Ce n’est pas la réforme de la sélection. Les établissements ont l’obligation d’accepter tous les candidats. Pour les lycéens qui n’auraient pas les attendus qui correspondent à la formation qu’il a choisie, l’établissement a la possibilité de lui imposer un parcours personnalisé. Ce n’est pas une prépa : l’étudiant est bien inscrit dans la filière ; simplement, son programme est aménagé.

6. De meilleures conditions de vie pour les étudiants : 100 millions d’euros de pouvoir d’achat seront rendus aux étudiants dès 2018. La cotisation de sécurité sociale étudiante de 217 euros sera supprimée, et un investissement massif sera fait pour l’offre de soins sur les campus. Les bourses seront distribuées à date fixe chaque mois. Une aide financière sera apportée aux étudiants issus de la classe moyenne qui n’ont pas les moyens de se loger. 60 000 logements étudiants seront construits d’ici 5 ans.

Loin de la caricature, cette réforme est de nature à redonner confiance dans le système universitaire aux étudiants, en leur donnant les meilleures chances de succès. J’ai d’ores et déjà demandé à mon cabinet de prendre contact avec le président de l’Université de Rouen et les représentants étudiants afin de recueillir leurs impressions sur ces annonces.

Damien Adam, député de Seine-Maritime