Accueil des migrants : les contre-vérités de Benoît Hamon

Hier, à l’occasion de sa venue à Rouen, Benoît Hamon a accusé l’Etat de graves défaillances en Seine-Maritime concernant l’accueil des populations migrantes. Des propos qu’il a d’abord tenus dans les Hauts-de-Rouen avant de les réitérer le soir à Mont-Saint-Aignan. Des propos indignes d’un ancien ministre, candidat à l’élection présidentielle, qui mettent en cause le travail des fonctionnaires de l’Etat à Rouen et dans le département.

Ces propos sont d’autant plus inacceptables qu’ils ne reflètent pas la réalité des faits. Les services de la Préfecture, conformément aux orientations du président de la République et du Gouvernement, ont mis en place plusieurs outils pour améliorer les conditions d’accueil des primo demandeurs tout en menant une politique de reconduite effective à la frontière des personnes « dublinées » ou déboutées et en renforçant les conditions d’intégration des réfugiés.

Ainsi, un troisième guichet pour les demandeurs d’asile a été ouvert depuis ce lundi à la Préfecture de Seine-Maritime, permettant d’atteindre 200 RDV par mois ; une direction des migrations et de l’intégration a été créée le 1er novembre dernier à la Préfecture de Seine-Maritime ; un bureau du droit d’asile fonctionne avec 10 agents dédiés aux demandeurs d’asile, aux procédures de reconduite dans le cadre du règlement Dublin et de l’intégration des réfugiés.

Ces exemples suffisent à mettre en lumière les efforts portés par la préfète Fabienne Buccio et ses équipes. Benoît Hamon parle de 5 mois pour obtenir un premier RDV, c’est un mensonge éhonté puisqu’en moyenne, il ne faut que 5 semaines pour décrocher cet entretien et que le délai devrait passer sous les 30 jours d’ici le début d’année prochaine. Rappelons également que chaque semaine, dans le cadre de la politique nationale d’accueil et d’orientation, 12 migrants sont orientés vers la Seine-Maritime où ils sont pris en charge par l’Etat. Depuis 2015, ce sont ainsi 2 222 personnes qui ont été mises à l’abri dans la région.

Enfin, je soulignerai que la Préfecture mène un intense travail de concertation avec les collectivités locales et notamment la Ville de Rouen où plusieurs amis de Benoît Hamon, anciens ou nouveaux, sont élus au sein de la majorité. Travail de concertation qui a permis de mettre en place un plan d’action pour les réfugiés pour l’accès au logement, à l’enseignement du français et à la formation professionnelle.

Loin des caricatures, l’Etat, sous l’impulsion du Gouvernement, met en œuvre une politique d’humanité avec les réfugiés et de fermeté en respectant les lois. La France a la volonté d’honorer sa tradition d’accueil, de protection et d’asile. Mais il n’y a pas de solution simple et immédiate au défi que représentent aujourd’hui les grandes migrations, qui sont une conséquence des désordres du monde : guerre, terrorisme, crises économiques et environnementales. « Il n’existe pas le pays qui peut aujourd’hui accueillir l’ensemble des migrants », souligne le président de la République. Il est donc vain de tenir des « discours généreux mais qui n’expliquent pas (…) comment on intègrera toutes celles et tous ceux qui pourraient arriver ».

Damien Adam, député de Seine-Maritime