Politique de la Ville : la mobilisation nationale est lancée

C’est avec un certain étonnement que j’ai découvert la motion que va présenter, ce soir en conseil municipal, les groupes PS, EELV et PCF de Rouen concernant la politique de la Ville. Etonné d’abord car une fois encore le groupe « Décidons Rouen », à l’origine de la rédaction de cette motion, égratigne volontiers le bilan de l’ancienne majorité gouvernementale et parlementaire, pourtant largement soutenu par leurs alliés socialistes à la mairie.

Etonné ensuite car le plan présenté par le président de la République la semaine passée est un plan ambitieux qu’il convient plutôt de soutenir. De l’Etat aux collectivités territoriales, des entreprises aux acteurs associatifs en passant par les habitants : il faut une mobilisation nationale pour les villes et les quartiers. La France et les habitants des quartiers prioritaires ne peuvent en effet plus se satisfaire de cette situation :

– un taux de pauvreté dans les quartiers prioritaires de plus de 40 %

– un taux de chômage 2,5 plus important que la moyenne nationale

– une difficulté d’accès à l’emploi et des discriminations toujours plus forte

– des politiques publiques qui bénéficient moins aux habitants des quartiers qu’aux autres.

C’est pourquoi le Gouvernement a décidé plusieurs mesures de bon sens :

la mise en place d’un plan d’action d’ici le printemps élaboré par l’ensemble des acteurs concernés, sous la coordination de Jean-Louis Borloo, unanimement reconnu pour sa connaissance de ce sujet. Le maximum de moyens sera mis sur une dizaine de quartiers particulièrement prioritaires.

Les crédits de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) seront doublés pour atteindre 10 milliards d’euros. Un nouveau président a d’ailleurs été nommé : Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois, et deux nouvelles missions lui ont été confiées : traiter les questions de la petite enfance (notamment la création de crèches) et l’accès à la culture.

Maintien de 200 000 contrats aidés qui seront fléchés sur les territoires et les acteurs les plus fragiles dont les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Sanctuarisation des crédits « politique de la Ville » à 430 M€ et maintien des dotations pour les 150 collectivités urbaines les plus fragiles. La dotation de solidarité urbaine est, elle, augmentée de 90 M€.

Déploiement de la police de sécurité du quotidien dans le cadre d’une stratégie de sécurité partagée avec les élus et les associations.

Dédoublement des classes de CP et CE1 en zones REP et REP + (6 écoles sont concernées dans ma circonscription, sur les Hauts-de-Rouen) ; maintien des classes bilangues dans les collèges de quartier ; lutte contre le décrochage scolaire avec les mesures « devoirs faits » et « création d’internat d’excellence » ; dispositif d’aide aux jeunes pour trouver les stages de 3e.

 Création des emplois francs à destination des demandeurs d’emploi des quartiers ; soutien aux dispositifs associatifs de parrainage, comme « nos quartiers ont du talent » qui va engager le parrainage de 100 000 jeunes sur le quinquennat avec le soutien de l’Etat.

La volonté du Gouvernement est de co-construire, discuter, travailler sur le terrain, avec tous ceux qui sont animés par la volonté de faire. C’est pourquoi j’invite la majorité municipale rouennaise à faire preuve de cette même co-construction sur ces sujets essentiels pour nos concitoyens. Je suis d’ailleurs disposé à les rencontrer afin d’alimenter la réflexion conduite par Jean-Louis Borloo.

Damien Adam, député de Seine-Maritime