20 propositions pour relancer l’apprentissage

Depuis des années, tous les gouvernements, de droite comme de gauche, clament qu’il faut développer l’apprentissage, qu’il s’agit d’une voie d’excellence qui mérite d’être valorisée. Malgré ces discours, le compte n’y est pas. En France, seulement 7% des jeunes sont en apprentissage (contre 15% dans les pays européens où le taux de chômage est bas) alors que nous comptons 1,3 million de jeunes dans notre pays qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études. Un constat inacceptable.

C’est pourquoi le Gouvernement, par l’intermédiaire de la ministre du Travail, Muriel PENICAUD, aux côtés des Régions, des branches professionnelles, des partenaires sociaux, a décidé de s’engager dans une mobilisation nationale sans précédent pour une transformation profonde de l’apprentissage.

Car oui, l’apprentissage est un des meilleurs tremplins vers l’emploi : 70 % des apprentis trouvent un emploi dans les sept mois qui suivent leur formation. L’apprentissage mérite d’être reconnu comme une voie de passion, d’excellence et d’avenir pour les jeunes, leurs familles et leurs entreprises. Et plus que des mots, les apprentis et leurs maîtres attendent des actes.

Ces actes, ils passent par les 20 mesures concrètes présentées aujourd’hui par le Gouvernement. Vous pouvez en retrouver le détail ici : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/p…
J’en ai retenu cinq qui me paraissent essentielles :
  • Tous les jeunes de 16 à 20 ans en apprentissage verront leur rémunération augmenter de 30 euros par mois, permettant une meilleure attractivité du statut de l’apprenti.
  • Tous les apprentis dont le contrat de travail est interrompu en cours d’année ne perdront plus leur année. Ils auront en effet le droit de prolonger de six leur formation au sein du CFA, afin d’éviter que ces jeunes apprentis ne se retrouvent sans rien.
  • Les CFA pourront développer rapidement et sans limite administrative les formations correspondant aux besoins en compétences des entreprises. Cette mesure permettra à chaque CFA de répondre de manière réactive aux besoins en formations des entreprises de son territoire.
  • Les partenaires sociaux co-écriront les diplômes professionnels avec l’Etat. Et ce, afin que les diplômes, co-construits par des professionnels de la branche, correspondent davantage aux besoins en compétences des entreprises.
  • La réglementation des conditions de travail sera revue afin de faciliter l’intégration des jeunes apprentis dans l’entreprise. Par exemple, le temps de travail des apprentis mineurs dans le bâtiment sera porté à 40 heures maximum tandis que la réglementation des horaires de travail dans la boulangerie et la pâtisserie sera assouplie afin de permettre aux jeunes de bénéficier d’une formation complète.

Pragmatisme et volontarisme conduisent cette réforme, attendue par les acteurs de terrain. Comme je le fais depuis le début de mon mandat, je vais continuer le dialogue avec la Chambre de métiers et de l’artisanat ainsi qu’avec les branches professionnelles afin de parvenir à la réforme la plus pertinente possible.

J’ai en tout cas la conviction profonde que l’apprentissage a de l’avenir.

Damien Adam, député de Seine-Maritime