Asile et immigration: humanité et efficacité

Le mercredi 21 février, le Gouvernement a dévoilé le projet de loi « asile, immigration et intégration ». L’enjeu est fort. Depuis 2015 la France fait face à un afflux migratoire considérable, du fait de la multiplication de zones instables dans le monde, notamment en Syrie et au Sahel (entre 2013 et 2017 le nombre de demandes d’asile est notamment passé de 63 000 à 100 000 par an).

Face à cette situation, une refonte globale de notre politique migratoire était indispensable car d’une part, nous accueillons mal ceux à qui nous devons la protection et d’autre part, nous n’arrivons pas à reconduire à la frontière ceux qui n’ont pas vocation à rester sur notre territoire.

Des premiers pas significatifs ont d’ores et déjà été faits dans ce sens depuis 9 mois.

  • Sur le plan national : réduction du délai de traitement des demandes d’asile, augmentation de 14% des éloignements, adoption dans le budget 2018 du principe de construction de 7500 places d’hébergement en 2018 et 2019.
  • Sur le plan international : lutte contre les filières de passeurs (300 filières démantelées en 2017) ; hausse de l’aide au développement dans les pays de départ ; missions au Tchad et au Niger, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies, pour rapatrier en France les personnes ayant le plus besoin de protection.

Le texte présenté ce jour poursuit dans cette direction en se structurant autour de 3 axes :

1. Accélérer le traitement des demandes d’asile, en visant des délais de 6 mois ;
2. Renforcer nos moyens d’action pour lutter contre l’immigration irrégulière, en rendant la politique d’éloignement plus efficace ;
3. Améliorer l’accueil et l’intégration des étrangers en situation régulière car nous devons proposer un avenir à ceux qui ont vocation à s’installer durablement dans notre pays.

L’ensemble de ces mesures respectent les valeurs d’humanité et d’efficacité qui sont celles du Gouvernement et de La République En Marche ! Le projet de loi est un texte équilibré qui nous permettra de mieux intégrer ceux qui ont vocation à demeurer sur le territoire français, en doublant notamment le nombre d’heures de cours de français dispensé et en permettant aux demandeurs d’asile de travailler six mois après le dépôt de leur demande (contre neuf mois aujourd’hui).

De mon côté, je vais poursuivre les rencontres en vue de mieux appréhender l’examen du texte à l’Assemblée nationale en avril prochain. Début février, j’ai passé une demi-journée complète au sein du bureau de l’immigration et de l’intégration à la préfecture ; dans les prochains jours, je rencontrerai des associations rouennaises et j’irai visiter le Centre de rétention administrative d’Oissel. Discuter, échanger, convaincre que ce texte est loin des caricatures dont certains veulent l’affubler.

Damien ADAM, député de Seine-Maritime