Conférence sur l’avenir de l’Europe : le Président de la République s’engage pour une Europe plus indépendante, plus efficace et plus proche de ses voisins

Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP / POOL

Le 9 mai, les États membres de l’Union européenne célèbrent la Journée de l’Europe. Cette date, choisie en référence à la déclaration de Robert Schuman, est considérée comme l’acte fondateur de l’Union européenne et constitue un des symboles européens. Cette année, la journée de l’Europe revêt une dimension particulière avec le lancement de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Le Président de la République a prononcé un discours au Parlement européen à Strasbourg en cette Journée de l’Europe, hier, dans le cadre de la cérémonie de restitution de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Pendant un an, et à l’initiative du Président de la République, des représentants du Parlement européen, des Parlements nationaux, de la Commission européenne et des panels citoyens européens ont participé à cet exercice inédit de consultation citoyenne, ayant pour objectif de formuler des propositions pour l’Europe de demain.

Parce que la paix se nourrit de la démocratie, le Président de la République a salué l’importance de cet exercice citoyen alors que les ukrainiennes et ukrainiens se battent pour leur liberté et leur souveraineté.

Dans le cadre de cette conférence, les réflexions des citoyens européens ont principalement porté sur 2 exigences, auxquelles le Président de la République s’engage à donner suite, et à les porter dans le débat entre Etats membres. A ces 2 urgences s’ajoutent une troisième, conséquence à tirer pour l’Europe de l’agression de l’Ukraine par la Russie.

L’exigence d’indépendance européenne

Les crises récentes ont entraîné le réveil de l’Europe quant à sa nécessité d’indépendance. Être maître de son destin, libre de ses choix, une puissance ouverte au monde, mais où nous voulons choisir nos partenaires et ne pas dépendre d’eux. Rester ouverts, sans être dépendants, c’est aussi une condition de la démocratie.

Cette exigence a été réaffirmée lors du Sommet de Versailles de mars dernier, notamment dans les domaines de la défense, des énergies, de l’alimentation, de la transition écologique. Nous devons également défendre l’intégrité des informations sur notre continent, l’intégrité de nos processus électoraux.

Notre indépendance et souveraineté sont les conditions de nos libertés. Il faut être en mesure de défendre notre modèle, car la démocratie reste fragile, l’Etat de droit reste précaire.

L’exigence d’efficacité de notre Europe

Par le refus de la controverse, les libertés bafouées, les journalistes muselés, les régimes autoritaires parviennent à faire croire qu’ils seraient plus efficaces, plus rapides face aux crises. Face au COVID comme face à la guerre en Ukraine, l’Europe a prouvé qu’elle pouvait réagir vite et agir efficacement tout en garantissant un débat démocratique, un contrôle parlementaire et judiciaire, la liberté de la presse, une science libre et ouverte. Plutôt que de nous contraindre, ils ont été les aiguillons de notre action.

Pour être aussi efficaces en période de paix et de stabilité, nous devons engager des réformes concrètes. La France est ainsi favorable à la convocation d’une convention de révision des traités, comme proposé par le Parlement européen. Pour plus d’ambition, la différenciation et les avant-gardes peuvent être bénéfiques.  

Repenser l’organisation politique européenne

Le processus d’adhésion est une procédure longue – qui s’étale sur des années voire des dizaines d’années – exigeante, et à l’issue incertaine, qui ne suffit plus à organiser notre Europe dans le moment de bouleversement géopolitique auquel nous faisons face.

Nous avons besoin d’un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, en matière énergétique et de transport, permettant la libre circulation des personnes et surtout de nos jeunesses, pour les pays qui font le choix de l’Europe démocratique.

Le Président de la République souhaite ainsi engager les réflexions sur une nouvelle « Communauté politique européenne » en parallèle d’une procédure d’adhésion à l’UE, pour accueillir notamment l’Ukraine. La rejoindre ne préjugerait pas d’adhésions futures à l’Union européenne, comme elle ne serait pas fermée à eux qui l’ont quittée. Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération politique et de sécurité.

Une discussion sera proposée à tous les chefs d’État et de gouvernement souhaitant avancer dans cette réflexion.

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