Débat à l’Assemblée sur les mesures sanitaires : l’abstention n’est pas à la hauteur des enjeux

Ce matin, après l’allocution du Président de la République à la nation hier soir, nous débattons à l’Assemblée nationale des mesures annoncées où chaque député doit exprimer sa position : pour, contre ou abstention.

Les français sont inquiets, la situation épidémique se dégrade à cause du variant anglais qui est plus contaminant et les mesures annoncées semblent susciter l’adhésion majoritaire de la population.

Et pendant ce temps là, que fait l’ensemble des groupes d’opposition ? Elle vocifère quand le Premier ministre prend la parole et préfère s’abstenir plutôt que de faire un choix clair. Dans une démocratie, les députés ne sont pas élus pour s’abstenir mais pour agir et faire des propositions pour faire face aux enjeux.

Voter contre est légitime. Tout le monde peut comprendre que des oppositions puissent s’exprimer en votant contre en argumentant clairement sur ce qui va et ne va pas dans ce qui a été annoncé et en assumant ses choix dans la durée. Evidemment, cela ne veut pas dire que si la majorité dit « blanc », il faut dire « noir » comme par exemple appeler le Président à ne pas confiner fin janvier pour le lui reprocher ensuite, se battre pour maintenir les élections municipales alors que le Président était ouvert à les décaler début mars pour mieux lui reprocher de les avoir maintenu à 24h du vote. Agir ainsi, ce n’est pas faire de la politique, c’est agir par cynisme en pensant que les français ne se rendront pas compte de ces comportements.

Voter pour peut aussi être une possibilité. Ce n’est pas parce qu’on est dans l’opposition qu’on ne peut pas être d’accord avec des décisions prises. Face à la même situation sanitaire, les mesures mises en oeuvre sont les mêmes dans quasiment tous les pays comparables, notamment en Europe même si les calendriers ne sont pas toujours les mêmes en fonction de la circulation du virus et du variant anglais. Alors que nous subissons la pire crise de notre génération, les français nous demandent encore plus que d’habitude de faire preuve d’unité nationale et d’être à la hauteur de ce moment en évitant la « politique politicienne » qui vise simplifier à critiquer l’autre et à l’affaiblir pour espérer en profiter.

L’ensemble des oppositions préfère aujourd’hui faire un autre choix, s’abstenir. Nous n’avons pas été élu pour nous abstenir, encore moins face à une situation aussi grave que celle d’un virus qui a tué près de 100 000 personnes en France, qui a bouleversé nos vies et fermé notre économie, réduit de 12 semaines les jours de cours pour nos enfants et engendrait des séquelles physiques ou psychiques durables pour toute la société.

Gouverner par temps de crise est très difficile. Il est impossible de ne faire que des bons choix quand vous prenez autant de décisions chaque jour, que nous ne connaissons pas tout de ce virus et que nous apprenons au fur et à mesure. Les critiques sont légitimes, les propositions des oppositions doivent être entendues et mises en oeuvre si elles sont bonnes.

C’est ma conception de la politique et ce pour quoi je me suis engagé en 2017 au côté d’Emmanuel Macron. Je ne pense pas que la vérité viendrait toujours « de mon camp » mais au contraire qu’elle peut venir de partout et c’est pourquoi je crois au dépassement des clivages politiques et au pragmatisme. En revanche, s’abstenir alors que nous avons le choix ou de soutenir ou de s’opposer ne correspond pas à ma vision de ce que doit faire un responsable politique.

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