Endométriose : Où en est-on de la mise en œuvre de notre stratégie nationale sur cette maladie qui touche 1 femme sur 10 ?

Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a présidé hier le premier comité de pilotage de la Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Ce comité fait suite au lancement, le 11 janvier dernier, de notre stratégie nationale de lutte contre l’endométriose.

Pour lutter efficacement contre cette maladie notre stratégie nationale aura pour priorités au cours des quatre prochaines années d’agir pour placer la France aux avant-postes de la recherche et de l’innovation ; pour garantir un diagnostic rapide et l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire ; pour communiquer, former et informer l’ensemble de la société sur cette maladie.

Pourquoi une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose ? 

En France, l’endométriose touche entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en âge de procréer, soit 1 femme sur 10. C’est la première cause d’infertilité dans notre pays. Ces chiffres sont absolument colossaux, et nécessitent une réponse d’ampleur. 

Il est très difficile de diagnostiquer précocement l’endométriose, en raison de la faible spécificité des symptômes, du tabou autour des règles et de la banalisation des douleurs. La méconnaissance de la maladie par les soignants, par les femmes elles-mêmes, et par le grand public n’arrange rien. Cette situation induit un retard diagnostique quasi-systématique, qui est en moyenne de sept ans. Ce laps de temps est à l’origine d’une évolution silencieuse, et parfois irréversible, de la maladie.

À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif pour guérir de l’endométriose. Les options thérapeutiques restent limitées et circonscrites à l’amoindrissement des douleurs. Nombreuses sont celles qui en conséquence doivent avoir recours à l’aide médicale à la procréation (AMP). 

AXE 1 : Placer la France aux avant-postes de la recherche et de l’innovation sur l’endométriose 

Pour lutter efficacement contre l’endométriose, il est indispensable d’en connaître le plus possible ses causes, ses différentes formes et de développer des moyens innovants pour la diagnostiquer et la traiter

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) développera donc un programme et équipement prioritaire de recherche exploratoire (PEPR), qui sera doté de plus de 20 millions d’euros sur 5 ans. Il portera aussi sur le sujet de la fertilité, des traitements épileptiques et de l’aide médicale à la procréation (AMP) puisque l’endométriose reste la première cause d’infertilité en France. Cette étude aura l’ambition de créer la plus grande base de données épidémiologique au monde sur la maladie.

AXE 2 : Garantir un diagnostic rapide et l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire 

L’Etat garantira un diagnostic rapide et l’accès à des soins adaptés et de qualité sur l’ensemble du territoire. 

Pour lutter efficacement contre l’errance diagnostique, l’Etat investira, d’ici 2023, 4 millions d’euros dans la création d’une trentaine de filières territoriales spécifiques à l’endométriose partout en France en coordination avec les agences régionales de santé (ARS).

AXE 3 : Communiquer, former et informer l’ensemble de la société sur l’endométriose

Le Gouvernement souhaite créer un « réflexe endométriose » pour que toutes les femmes qui souffrent puissent trouver une réponse à leurs douleurs et à leurs difficultés. 

Pour mettre fin à une « culture du déni et du rejet », la priorité sera le renforcement de la formation initiale et continue des professionnels de santé. Ainsi, chaque futur professionnel de santé sera désormais sensibilisé à cette pathologie et à sa reconnaissance. De même, chaque professionnel en exercice sera incité à suivre des formations gratuites pour renforcer sa connaissance de cette maladie. 

Des campagnes de grande ampleur verront également le jour dans les prochaines semaines pour faire connaître cette maladie et faciliter son dépistage. 

Les douleurs menstruelles ne sont pas une fatalité, et l’endométriose n’est pas dans la tête : c’est une maladie à part entière, qui nécessite une réponse adaptée. C’est là tout le message de cette stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Cette stratégie est un motif d’espoir pour les millions de Françaises qui voient chaque jour leur vie empoisonnée par l’endométriose. Elle constitue une nouvelle arme dans l’arsenal déployé par le Gouvernement pour améliorer les droits et la santé des femmes, aux côtés de l’extension du délai légal de l’interruption volontaire de grossesse, de la feuille de route santé sexuelle, du futur plan fertilité, ou encore de la PMA pour toutes. Avec cette stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, nous poursuivons un objectif clair : améliorer dès demain la vie des Françaises frappées par cette maladie.

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