GHB : lancement d’un plan de lutte contre la drogue du violeur

Pour la réouverture des boîtes et bars de nuit, aujourd’hui, le Gouvernement lance une campagne de sensibilisation et d’action pour agir contre le GHB, cette drogue puissante et souvent appelée la drogue du violeur pour son utilisation spécifique dans le monde de la nuit. 

Le GHB est une drogue sous forme de poudre ou de liquide qui n’a ni couleur ni odeur et qui est de fait facile à glisser dans un verre. Il provoque des effets désinhibants et fait perdre la mémoire. De nombreuses femmes, victimes de viols et d’agressions sexuelles après avoir été droguées à leur insu, témoignent de ce fléau sur les réseaux sociaux.

Marlène Schiappa a donc dévoilé hier un grand plan national de lutte contre le GHB. 

Contacter la police en direct grâce à un QR code

Le plan d’action du Gouvernement comprend un QR code qui sera affiché dans tous les endroits festifs. Objectif : avertir immédiatement les secours (SAMU 15 ou Pompiers 18 ou 112) et les forces de l’ordre pour porter secours à une personne droguée au GHB.

Des affiches oranges ont été placardées dans les boîtes et bars de France, notamment dans les toilettes, lieux à la fois d’intimité et de malaises dûs aux stupéfiants. Y sont inscrites les questions «Ton ami(e) a été drogué(e) ?», «Tu penses avoir été drogué(e) ?», avec un QR code renvoyant vers une discussion instantanée avec un gendarme ou un policier. Peu importe l’heure, le tchat gratuit peut être activé jour et nuit, sans décliner son identité. 

Prélèvements toxicologiques systématiques sur les victimes présumées

Autre mesure concrète : les forces de l’ordre devront systématiquement procéder à des prélèvements toxicologiques sur la victime présumée qui serait conduite inconsciente à l’hôpital. L’effet du GHB est assez proche de la gueule de bois, souvent les victimes se disent qu’elles ont trop bu alors qu’elles ont été droguées. 

Les prélèvements ADN et l’isolement des vêtements deviennent également la règle, afin de confondre plus aisément l’éventuel agresseur, qui risque cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

Une meilleure formation des professionnels de la nuit

De plus, afin de mieux détecter une personne droguée et en danger, les professionnels de la nuit de chaque département vont être sensibilisés lors de réunions avec les forces de l’ordre ou la brigade des stupéfiants pour les aider, par exemple, à repérer les conduites suspectes de personnes venant de droguer quelqu’un.

L’usage de la drogue du violeur constitue désormais une circonstance aggravante en matière de viol et d’agressions sexuelles.Pour un viol commis dans cette circonstance, la peine a été portée à vingt ans de réclusion criminelle. Cette campagne s’inscrit dans celle plus large de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

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