Interdiction de la corrida : je regrette la décision de la France Insoumise d’avoir refusé le débat.

Interdiction de la corrida : je regrette la décision de la France Insoumise d’avoir refusé le débat.

J’attache une très grande importance depuis 2017 à demander directement l’avis de nos concitoyens sur des sujets sociétaux qui ne correspondent pas à des engagements pris durant mon mandat ou ma campagne. Il y a un mois, j’ai ainsi souhaité lancer une consultation numérique sur la corrida alors que ce jeudi 24 novembre, l’Assemblée nationale étudie une proposition de loi déposée par le député Aymeric Caron, visant à interdire cette pratique partout en France.

La corrida est autorisée dans 65 villes du Sud qui peuvent se prévaloir d’une « tradition locale ininterrompue » de jeux taurins. La loi étudiée aujourd’hui vise précisément à annuler cette exception dont bénéficie la corrida dans l’article du Code pénal pour cause de maltraitance animale.

64,85 % pour l’abolition de la corrida

1047 personnes ont souhaité participer à cette consultation numérique dont je dévoile aujourd’hui le résultat. À la question posée “Selon vous, devons-nous interdire la corrida en France ?” :

 
➜ 679 personnes ont répondu : oui (64,85 %)
➜ 368 personnes ont répondu : non (35,15 %)

Barbarie et souffrance animale contre tradition et liberté culturelles

Parmi les 1047 participants, 667 personnes ont souhaité motiver leur choix dont j’ai choisi d’extraire les principaux arguments.

Parmi les opposants à la corrida, l’argument principal mis en avant pour l’interdiction de la corrida est la barbarie de cette pratique, la maltraitance et la souffrance qui sont infligées au taureau dans l’arène pour le divertissement et le plaisir de quelques-uns. Pour eux, l’ensemble des lois et autres mesures adoptées ces dernières années en faveur du bien-être animal justifie d’interdire la mise à mort du taureau dans le cadre d’un spectacle. Autre argument, le coût que représentent les subventions publiques accordées à la tauromachie et aux écoles taurines. Une tradition qui n’est pas d’origine française mais espagnole. Une pratique enfin interdite dans plusieurs pays.

Pour les défenseurs de la corrida, il s’agit au contraire d’une culture à part, d’une tradition ancestrale, voire d’un art qu’il convient de défendre pour préserver l’identité des territoires concernés par sa pratique et leurs habitants. Ceux-ci considèrent d’ailleurs que le débat de son interdiction devrait être mené uniquement à l’échelle locale. Ils alertent également sur la disparition, à terme, de l’espèce de taureau spécifique élevée pour la corrida et l’impact sur les milieux naturels actuellement réservés à leur l’élevage. Enfin, revient régulièrement le danger de la disparition d’une économie spécifique et des d’emplois directs et indirects que représentent la tauromachie.

Aussi, au regard du résultat de cette consultation et comme je m’y étais engagé, je voterai pour la proposition de loi visant à interdire la corrida, convaincu que le temps est venu d’abolir totalement et définitivement cette pratique dans notre pays.

Sous prétexte d’obstruction parlementaire, le texte de loi sur l’interdiction de la corrida n’aura pas pu être débattu hier à l’Assemblée nationale. Je regrette vivement la décision du rapporteur du texte, le député Aymeric Caron, d’avoir choisit d’éviter le débat si important que méritait cette proposition de loi.
 
Comme je m’y étais engagé, et notamment par respect devant les 1047 personnes qui ont bien voulu participer à la consultation numérique que j’ai organisée sur le sujet de la corrida, il me tenait à cœur de pouvoir voter cette proposition de loi.
 
Je leur présente mes excuses face à cette situation que je regrette amèrement. Je tiens à souligner une démarche irrespectueuse pour l’ensemble des personnes engagés sur ce texte depuis plusieurs mois et avant tout pour les Françaises et les Français, si nombreux, qui attendaient avec impatience que le débat puisse ce tenir sur ce sujet sociétal important.
 
La majorité parlementaire subit régulièrement des obstructions parlementaires et d’autres techniques pour allonger la durée de nos débats et parfois l’empêcher. Il est regrettable que, lorsqu’elle en est elle-même victime, LFI qui l’utilise couramment n’accepte pas les règles du règlement de l’Assemblée nationale en préférant fuir le débat.
Le débat, souhaité par nombre de nos concitoyens sur la corrida, n’a pas pu se tenir par manque de courage politique. C’est un choix regrettable pour notre démocratie et le bien-être animal.

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